SELF PORTRAIT

Self Portrait – avril 2012 – Montauban

No es que os haya olvidado, o que haya dejado de amar tanto compartir con vosotros la visión peculiar que tengo del mundo, mediante lo escrito y las fotos, no. Es que tal y como está escrito,  Todo lo que te viniere a la mano para hacer, hazlo. Y no sobra tiempo – de momento – como para seguir haciendo esto. Así que os dejo con huella de mi rastro, un pobre retrato. Guste o no, así es - ojalá pronto volviere a sacar la cámara y a inmortalizar la vida, os guste o no…

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Ce silence n’est le fruit que d’une frénétique activité qui ne laisse ni repos ni repis, mais qui de joie me comble et m’emplit. Certes, j’aimerais pouvoir de manière assidue pouvoir remplir cet espace, en décriant le monde et en partageant la vision que j’ai de celui-ci avec vous, comme avant. Mais il y a un temps pour tout et plus que la réflexion et de la méditation est venu pour moi celui de l’action. Je vous laisse donc un petit autoportrait, en guise de clin d’oeil, en guise d’esquisse, prophétique, annonçant d’avance le temps où j’aurais à nouveau le loisir de capturer pour vous ces scènes vivantes qui composent notre quotidien.

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Terre

Terre – 2011 – Tarn

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Sous la pluie battante, le vent hurlant, en cette nuit sombre, une envie s’évade ; celle de voyager, et sans même bouger.

Une seule idée, un peu d’encre et de papier – vite une idée ! – pour se perdre à tout jamais, en cette infinie parenthèse, que trop à tort jugent foutaise.

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écrit original – tous droits réservés.

Il est minuit.

Elle dort, ma chérie.
Ils dorment, mes petites vies.

Il est minuit, et je pense à la grande Russie,
À toutes ces routes de poussière faites,
À toutes ces fêtes si jolies,
À toutes ces têtes, languies.

Les plaines et les cieux sans fin,
Les ornières le long des chemins,
Les couleurs fânées de la patrie,
Les âmes, courbées, de faim.

Ici, il est minuit.

Là-bas, tout est déjà en émoi,
Et branle, branle, le pays,
De spasmes et de douleurs,
Ce continent aride, que je pleure.

D’arpenter.
De voir.
D’aider.
D’aimer.

Ici, sur quatre cent mille,
Errante dans la nuit,
Une âme mendiait aujourd’hui.
[…]
Une rencontre au fer rouge.

J’irai voir la place Rouge,
[…]
Jusqu’aux os me tatouer,
[…]
Si c’est pour juste quelques gosses,
Deux sourires apporter.

Il est minuit, je vais me coucher.
Là dans la steppe, je vais danser.
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Printemps

Printemps – décembre 2011 – Toulouse

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Le miracle consiste à voir dans la simplicité l’immense et incomparable beauté de ce qui est.

Descartes, Descartes. Tant de génie, si peu d’esprit.

Lui qui en avait, me le pardonnera…

Encore faudrait-il, etc.

 

 

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אוצר התורה

Luz – décembre 2010 – Toulouse.

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“we all lose
when they feed on the souls of the innocent
blood drenched pavement”

- One Day, Matisyahu.

Que ta courte renommée, chère ville adorée, endolorie, rappelle au monde entier qu’elles sont plusieurs, les petites vies, à partir au paradis, à cause de l’envie, de l’avarice et de la bêtise des grands. Le passeport ou la confession n’y changent rien : ce sont des soleils qui partent en étoiles, et ce sont ceux qui restent dont les yeux s’étiolent… Qu’ils soient afghans ou allemands, maliens ou israéliens.

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אוצר התורה – le trésor de la Torah, c’est celui d’aimer la vie, d’en connaître le prix, et de vivre joyeux sur cette terre. Malgré tout. Qu’il brille ce soir.

Les tables

Les tables - Paris  - Février 2012

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Dieu seul sait combien de fois, comme les “illustres”, je m’installai en votre compagnie, et au beau milieu de Paris, entre Le Monde, l’Equipe et le Canard, je vaquai à griffonner mes cahiers jaunis sur votre faux marbre, un café chaud posé en equilibre ; l’ombre de la Sorbonne de l’autre côté de la place ; parfois quelques amis aussi pour me tenir compagnie. La mousse apparaissait, fusaient les idées, nous étions les rois des utopies, nous voyions fermiers dans les alpages des Pyrénées, et rêvions IEP.

Quand je me rêvai écrivain, en votre sein alors j’écrivais ce qui suit, et d ‘autres choses aussi, jamais publiées, et qui ne le seront probablement jamais. Mais Paris reste Paris, et puis moi c’est moi, alors c’est tant pis si cette éternité des cafés me donne envie de vous présenter Le guerrier.

Au moins, je l’aurais fait.  Et comme tout n’est que vanité…

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Le Guerrier

Lorsque j’ouvre les yeux, ma tête bourdonne, comme si mon corps, fatigué de me soutenir, ou peut être d’être, m’abandonnait.
L’oreiller d’habitude si douillet ne me sert en rien, ma tête lourde le transperce, comme si je fus de pierre. De pierre aussi, mes paupières. Trop lourdes à supporter, me voilà obligé de papillonner, cela me coûte cher, m’insupporte tant, que je voulus un instant en être dépourvu, quitte à être effroyablement laid.
Je laisse évaporer mon corps, puis décide de me lever. Enlever la couverture fut terrible, me voilà nu, sur le plancher, sans volonté, et bien moins protégé.
Je jette un coup d’œil sur l’horloge, je suis déjà en retard, et je n’arrive pas à avancer. Je le veux pourtant. Mes pieds sont de bois, ils ont pris le plancher pour eux, tenez, voilà les rayures de ces planches de chênes, veilles et moisies. Sont-ce mes veines ?
Finalement j’avance, ou plutôt râpe, ma tête contre mon buste, mon buste contre mes jambes, celles-ci contre mes pieds. Le trajet est long, douloureux. Y arriverais-je ?
Me voilà devant la glace. Quel est ce visage ? Est-ce moi, zombie ? Rafraîchissons-le. Mais l’eau, froide, coule… Et cette peau encore tiède, le supportera t-elle ?
J’agis. Je referme le robinet, d'un presque énergique geste. C’était le signe que j’attendais, qu’il me fallait faire.
 La journée aurait été trop longue aujourd’hui. J’ai déjà fait l’erreur de me lever, il ne me faut pas faire celle de la poursuivre.
Je traîne mes membres désordonnés dans le lit.
 [...]
Me voilà guerrier, l’épée à la main, affrontant le destin…
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